Marie-Bernadette Dufourcet
Marie-Bernadette Dufourcet

Musique et arts au temps de Marie de Médicis

En préparation, publication prévue en 2015.

 

Marie-Bernadette Dufourcet (éd.), Université Bordeaux-Montaigne. 

 

Au cours des XVe et XVIe siècles, les Médicis et avec eux, les artistes et les intellectuels qu’ils protègent, hissent Florence au tout premier plan des cités de culture humaniste dans la compétition que les princes de l’Europe se livrent pour occuper une place dominante au niveau politique, économique, religieux et culturel. Le mécénat artistique florentin destiné à célébrer et faire rayonner la puissante et munificente dynastie médicéenne représente un modèle du genre. Au temps de Marie de Médicis où l’esprit théâtral s’étend à de nombreuses manifestations de la pensée, les arts sous toutes leurs formes représentent l’écrin idéal pour mettre en scène le pouvoir, à l’intérieur comme à l’extérieur des palais et des chapelles. Figure encore très controversée par une grande partie de l’historiographie française, la fille du duc François Ier de Médicis et de Jeanne d’Autriche est en revanche saluée comme une protectrice des arts et, à ce point de vue, comme une digne héritière de sa dynastie. Cité emblématique des fêtes spectaculaires, comme les fameux intermèdes de la Pellegrina conçus pour ravir tous les sens par l’architecte de la cour Bernardo Buontalenti et les membres de la Camerata Bardi lors du mariage du duc Ferdinand Ier en 1589,  Florence est aussi le lieu des expérimentations musicales modernes, toujours grâce aux musiciens et poètes de la Camerata où s’élabore la Riforma melodrammatica. La cité médicéenne tient d’ailleurs à se présenter à la pointe des innovations artistiques face aux ambassades étrangères en célébrant  les noces de Marie de Médicis et d’Henri IV par la création en octobre 1600 d’un des tous premiers exemples d’opéra, l’Euridice de Jacopo Peri sur un livret d’Ottavio Rinuccini. C’est encore un musicien au service des Médicis, Giulio Caccini qui met au point la technique innovante de la basse continue, caractéristique du style musical de toute la période baroque.

Les artistes de cour, choisis parmi les meilleurs de leur époque, pour que leur talent rejaillisse sur la gloire de leurs Maîtres, sont à la fois témoins et acteurs privilégiés de l’Histoire qui se joue devant eux et avec eux, au cœur des événements politiques, religieux et dynastiques, en temps d’alliances comme de déchirements internationaux.

La réflexion transdisciplinaire proposée par cette journée d’étude internationale inaugure une série de manifestations scientifiques et artistiques qui seront organisées par l’Université de Bordeaux en collaboration avec les partenaires institutionnels du Cefedem-Aquitaine et du Conservatoire, sur la question des cérémoniaux religieux ou profanes destinés à exalter la figure du Prince dans le contexte des alliances dynastiques transfrontalières. A travers l’analyse artistique, politique et sociale de la production musicale et spectaculaire y compris dans leurs expressions religieuses, on s’interrogera sur ce que doivent les célébrations des grandes cours européennes aux prestigieux apparati des spectacles donnés à Florence, plus particulièrement en France. Il s’agira également d’examiner comment circulent et se manifestent les divers courants musicaux et artistiques mis à contribution dans la célébration du pouvoir royal au tournant des XVIe et XVIIe siècles, comme garant de l’ordre universel. Enfin, il conviendra d’évaluer dans quelle mesure les répertoires analysés peuvent  refléter le contexte dynastique et politique international.

 

 

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© Marie-Bernadette Dufourcet